La NASA accélère le programme Artemis et vise deux alunissages en 2028

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La NASA restructure considérablement son programme Artemis, dans le but de réaliser deux alunissages en équipage en 2028. Ce changement, annoncé par l’administrateur de la NASA, Jared Isaacman, marque une accélération majeure par rapport aux chronologies précédentes et reflète un regain d’intérêt pour des progrès rapides qui rappellent l’ère Apollo.

Changement stratégique : d’une progression lente à un calendrier agressif

Pendant des années, le programme Artemis a été confronté à des retards et à des dépassements de coûts, suscitant des inquiétudes quant à sa faisabilité. La nouvelle approche d’Isaacman met l’accent sur l’augmentation de la fréquence de lancement, la rationalisation des opérations et l’exploitation des technologies existantes. Cette stratégie n’est pas nouvelle ; Les responsables de la NASA ont depuis longtemps élaboré des plans internes visant à accélérer le développement de la Lune, mais ce n’est que maintenant que ces plans sont mis en œuvre.

Le changement le plus immédiat concerne Artemis III, initialement prévu pour fin 2028. Au lieu d’un atterrissage direct sur la Lune, cette mission servira désormais de test critique en orbite pour les atterrisseurs lunaires SpaceX et Blue Origin. Les astronautes s’entraîneront aux procédures d’amarrage et de rendez-vous en orbite terrestre basse, une étape conçue pour réduire les risques et affiner la séquence d’atterrissage finale.

2028 : une double opportunité d’atterrissage

Après le test Artemis III, la NASA a l’intention de lancer Artemis IV et V successivement en 2028. Ce calendrier agressif s’aligne sur un objectif politique fixé par l’ancien président Trump : renvoyer les astronautes sur la Lune avant la fin de son potentiel deuxième mandat. Les tentatives de double atterrissage visent à assurer la redondance et à maximiser les chances de succès dans l’établissement d’une présence lunaire durable.

L’accélération d’Artemis reflète une ambition plus large au sein de la NASA de s’attaquer à ce qu’Isaacman appelle le « presque impossible ». L’agence signale sa volonté de prendre des risques calculés et de privilégier la rapidité plutôt que le développement progressif. Cette approche peut rationaliser les opérations, mais elle introduit également de nouveaux défis logistiques et des revers potentiels.

Le changement de stratégie est un pari sur l’exécution, tirant parti des partenariats commerciaux avec SpaceX et Blue Origin pour obtenir des résultats rapidement. Reste à savoir si ce pari sera payant, mais le calendrier révisé annonce une nouvelle ère d’ambition pour la NASA.

La décision d’accélérer Artemis ne concerne pas seulement des ajustements techniques ; il s’agit d’une déclaration sur l’engagement renouvelé de la NASA en faveur de l’exploration spatiale habitée. Les prochaines années seront cruciales pour déterminer si ce calendrier agressif pourra être respecté et si l’agence pourra tenir sa promesse ambitieuse d’un retour lunaire en 2028.